Ça y est, François Bayrou est parti, sacrifié par son patron. On ne le plaindrai pas hein, on devine bien que les amis lui trouverons une place au chaud et bien rémunérée. Et surtout, on ne se fait aucune illusion sur la suite des évènements : depuis quand Macron suit-il autre chose que la voix du patronat ?
Rappelons que l’exécutif a imposé l’abjecte réforme des retraites par 49.3 malgré des millions de personnes dans les rues, s’est torché avec les résultats des élections, jette les conventions citoyennes à la poubelle, ignore les pétitions, éborgne les manifestants… Le tout soutenu par la caste des médias de masse, dont les éditorialistes chiens de garde criminalisent la gauche et adoubent l’extrême-droite.
Il faudrait être bien naïf pour voir une victoire dans la démission d’un premier ministre jetable.
Et la nomination de Sébastien Lecornu comme successeur au poste ne laisse d’ailleurs pas grand doute sur ce qui nous attend. Politicien professionnel, venu de l’UMP/LR pour finalement rallier la macronie, amateur, défenseur de la chasse, il s’est distingué par des saillies homophobes et anti-pauvres et s’est allié au parti d’extrême-droite Sens Commun aux départementales de 2017.
Voilà qui situe le personnage.

Lecornu vient d’annoncer qu’il renonçait à supprimer deux jours fériés, laquelle suppression avait été proposée par son prédécesseur. Déjà, rappelons que Bayrou avait déjà dit être prêt à l’abandonner, mais surtout, il reste tout un bataillon de mesures inacceptables en chantier. Allez-vous vous laisser duper ? Si l’on vous prend 50 euros de la poche, puis que l’on vous rend finalement un euros, direz-vous que vous avez gagné un euros ?
Cette astuce grossière et insultante porte un nom en psychologie sociale : la technique de la porte-au-nez, une manipulation qui consiste à précéder sa demande d’une demande bien plus importante, pour donner l’illusion d’être raisonnable lorsque l’on revient sur cette dernière, et faire culpabiliser l’autre partie de ne pas accepter l’offre.
Du marchandage donc, mais façon bulldozer. Le dessinateur Atsemsex illustre cette outrance avec la « clause orteil » :
![Conférence de presse officielle, au pupitre est inscrit « réforme des retraites ». Un ministre à l’allure de responsable RH énonce : « Chers concitoyens, vous travaillerez désormais jusqu’à 102 ans… » Réactions indignées dans la salle : « Quoi ?? 102 ans ?! » Un conseiller souffle un mot à l’oreille du ministre-RH. Celui-ci enchaîne dans un sourire narquois : « Ah oui et pour chaque année non-cotisée on vous tranchera un orteil !! » Hurlements outrés du public : « Mais ça va pas ?!! On se laissera pas faire ! » Plus tard, plan large dans le bureau du ministre, le ministre et son conseiller écoutent les infos : « Camouflet pour l’exécutif : la clause orteil est finalement retoquée et la réforme passe sans… » Ils exultent : « Haha, à chaque fois… » [fin]](https://sudindustriealsace.org/wp-content/uploads/2025/09/image.png)
Bref, le pouvoir macronisto-patronal est en roue libre et ce n’est pas en un jour qu’il reculera. Les démonstrations de force ne suffiront pas : c’est un véritable rapport de force qu’il nous faut construire, et jusqu’à preuve du contraire, la grève est un levier efficace, à condition qu’elle soit massive et continue.
Nous appelons donc tout le monde à reconduire le mouvement et rappelons nos revendications :
- Le retour de la retraite à 37,5 annuités ou 60 ans, avec une base de cotisation sur les cinq meilleures années
- La revalorisation des salaires, pensions et minimas sociaux
- Le SMIC à 2 000 € net indexé sur l’inflation
- Le retour de l’ISF
- La suppression des exonérations de cotisations qui détruisent la protection sociale et tirent les salaires vers le bas
- La taxation sur les profits
- L’interdiction du recours aux paradis fiscaux sous peines d’amendes
